Les rapporteurs du PACE expriment de vives inquiétudes sur l’avenir de la démocratie en Turquie
La pression politique croissante et le harcèlement judiciaire visant à affaiblir la principale opposition turque menacent l’avenir démocratique du pays, ont averti les corapporteurs pour le suivi de la Turquie à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (PACE) dans un communiqué lundi, rapporte le Stockholm Center for Freedom.
Lord David Blencathra et Stefan Schennach ont déclaré que les enquêtes criminelles visant des responsables du Parti républicain du peuple (CHP) et les procédures judiciaires concernant de prétendues irrégularités lors des congrès du parti sapent le pluralisme politique, la volonté des électeurs et la confiance dans la gouvernance démocratique.
« Nous sommes profondément préoccupés non seulement par les abus en matière de droits de l’homme et d’État de droit, mais aussi par l’avenir de la démocratie en Turquie », ont déclaré les rapporteurs, exhortant les autorités à mettre immédiatement fin à ce qu’ils ont qualifié de harcèlement judiciaire et d’enquêtes politiquement motivées visant les représentants du CHP.
Les rapporteurs ont affirmé que l’arrestation de centaines de maires et responsables du CHP, dont le maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, et l’annulation du congrès provincial d’Istanbul d’octobre 2023 du parti étaient des tentatives délibérées d’affaiblir la principale opposition.
Le CHP subit une pression gouvernementale croissante depuis début 2025. Plus de 500 personnes liées au parti ou à la municipalité d’Istanbul ont été interpellées ou arrêtées depuis mars. Parmi elles figurent 17 maires du CHP, dont İmamoğlu, également suspendu de ses fonctions.
İmamoğlu, membre éminent du CHP et candidat du parti à l’élection présidentielle de 2028, a été interpellé le 19 mars puis arrêté pour corruption, l’une des nombreuses enquêtes que les corapporteurs considèrent comme politiquement motivées. Sa détention, largement perçue comme une tentative d’écarter le principal rival du président Recep Tayyip Erdoğan avant le scrutin de 2028, a provoqué d’importantes manifestations à travers le pays.
Dans le cadre de cette répression, un tribunal turc a annulé le congrès provincial d’Istanbul d’octobre 2023, destitué le président provincial Özgür Çelik ainsi que son équipe dirigeante, suspendu près de 200 délégués locaux et gelé le processus électoral interne du parti. Les procureurs ont également engagé des poursuites contre 10 responsables du parti, dont Çelik, demandant des peines allant jusqu’à trois ans de prison pour prétendue manipulation des élections internes lors du congrès.
Les rapporteurs ont rappelé que le PACE a condamné à plusieurs reprises la répression des critiques en Turquie, les abus en matière de détention, la politisation de la justice et les violations des libertés fondamentales. Citant les obligations de la Turquie en tant que membre du Conseil de l’Europe, ils ont exhorté les autorités à respecter les valeurs démocratiques, l’État de droit et les droits de l’homme.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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