Le secrétaire d'État américain Marco Rubio lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'Ukraine au siège des Nations unies à New York, le 23 septembre 2025. (Photo par CHARLY TRIBALLEAU / POOL / AFP)
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L’opposition turque somme Erdoğan de répondre aux propos « humiliants » de Rubio

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Par Bosphorama

Publié le

Des responsables politiques de l’opposition turque ont exhorté le président Recep Tayyip Erdoğan à répliquer au secrétaire d’État américain Marco Rubio, qui a laissé entendre que les dirigeants mondiaux, dont Erdoğan, « mendiaient » une rencontre avec le président Donald Trump lors de leurs visites à Washington.

Rubio a tenu ces propos lors d’une interview sur Fox News mardi, un jour après qu’Erdoğan avait déclaré sur la même chaîne que Trump n’avait pas tenu ses promesses de mettre fin aux guerres en Ukraine et à Gaza.

Défendant Trump, Rubio a affirmé que d’autres dirigeants, « y compris la Turquie d’ailleurs, nous supplient de nous impliquer », ajoutant que des officiels réclamaient « cinq minutes pour serrer la main du président ».

« La vérité, c’est que nous avons des dirigeants – nous avons des réunions en ce moment même où des leaders nous implorent d’y participer », a poursuivi Rubio.

Ces déclarations ont provoqué l’indignation à Ankara, où des députés de l’opposition ont accusé Rubio d’insulter la Turquie et exigé qu’Erdoğan réponde depuis les États-Unis, où il participe à la 80e Assemblée générale de l’ONU.

« Employer le terme « mendier » à l’égard de la République de Turquie est une rupture du protocole diplomatique et totalement inacceptable », a déclaré Oğuz Kaan Salıcı, député du Parti républicain du peuple (CHP). « Si Erdoğan reste silencieux, cela deviendra un second scandale du « Ne sois pas stupide » », a-t-il écrit.

Il faisait référence à une lettre de Trump en 2019, lors de son premier mandat, où ce dernier mettait en garde Erdoğan contre une incursion turque en Syrie.

« L’Histoire vous sera favorable si vous agissez avec humanité. Elle vous verra comme un démon dans le cas contraire. Ne jouez pas les durs. Ne soyez pas stupide ! », avait écrit Trump dans cette lettre rendue publique par la Maison Blanche.

Erdoğan avait alors qualifié la lettre d’« impolie », précisant : « Nous n’avons pas oublié cela, et il n’est pas juste d’oublier. Mais notre respect mutuel nous empêche de le mettre à l’ordre du jour. »

Ahmet Davutoğlu, chef du parti d’opposition Gelecek (Avenir) et ancien Premier ministre, a accusé Rubio d’arrogance. « Le président turc ne mendie aucune rencontre », a-t-il affirmé. « Nous attendons qu’Erdoğan donne à ce personnage insolent la réponse qu’il mérite devant Trump à Washington », a-t-il posté sur X.

L’ancien ambassadeur de Turquie à Washington et député CHP Namık Tan a estimé que ces propos révélaient le déclin de l’influence turque. « Nous verrons si le prétendu « leader mondial », qui prononce des discours enflammés à l’ONU, osera répondre à Rubio – ou s’il avalera cet affront pour ne pas compromettre sa rencontre à la Maison Blanche obtenue grâce au fils Trump », a écrit Tan.

Erdoğan, qui a participé mardi à une réunion sur Gaza avec Trump et des dirigeants musulmans et arabes en marge du sommet de l’ONU, sera également reçu par Trump jeudi à la Maison Blanche.

Ce sera sa première visite depuis 2019, l’ancien président Joe Biden ayant entretenu des relations tendues avec le dirigeant turc, qu’il accusait de comportement autocratique.

Erdoğan n’a pour l’heure pas réagi publiquement aux propos de Rubio.

Le Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir a toutefois rejeté les critiques de l’opposition. Son porte-parole Ömer Çelik a accusé mercredi les opposants de se faire les « missionnaires politiques » de puissances étrangères, soulignant leur empressement à relayer des déclarations « infondées ». « Notre président est reconnu mondialement comme l’un des plus grands artisans de paix et de diplomatie », a-t-il affirmé.

Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.

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