Turquie, Irak et KRG planifient le dépôt des armes de 4 200 membres du PKK : rapport
Les points importants
- Négociations tripartites : Des responsables turcs, irakiens et du KRG se réunissent à Erbil pour un plan de désarmement de 4 200 membres du PKK.
- Première étape : 18 sites dans le nord de l’Irak sont concernés, mais le mont Qandil, quartier général du PKK, n’est pas inclus.
- Contexte historique : Le processus fait suite à l’appel du leader emprisonné Abdullah Öcalan et à l’annonce de dissolution du PKK en mai 2025.
Des responsables de la Turquie, de l’Irak et du gouvernement régional du Kurdistan (KRG) se réunissent à Erbil autour d’un plan visant à faire déposer les armes à quelque 4 200 membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et à évacuer 18 sites dans le nord de l’Irak ce mois-ci, a rapporté mardi le média irakien Al Aalem Al Jadid .
Un groupe comprenant l’Organisation nationale de renseignement turque (MİT), le Service national de sécurité irakien et le Conseil de sécurité de la région du Kurdistan tient des réunions quotidiennes dans cette ville, a indiqué le journal, citant des sources informées.
La première étape couvre les positions, camps, implantations et grottes à Amedi, Kani Masi, Zakho, Avashin, Said Sadiq, Ranya, Dukan, Koya, le mont Korek et Sidakan.
Les positions sur le mont Qandil, où se trouve le commandement principal du PKK, ne font pas partie de la première étape.
Le politicien kurde Juma Mohammed, que le journal décrit comme proche du PKK, a déclaré que la remise des armes pourrait commencer dans les prochains jours et que la première étape devrait prendre un mois.
Des équipes de sécurité surveillent également 72 positions, camps, abris et grottes du PKK près de la frontière turque.
Les équipes du MİT sont censées inspecter les sites évacués pour y rechercher des membres du PKK, des armes, des munitions et des explosifs.
Des points de remise des armes ont été sélectionnés dans les provinces de Duhok, Erbil et Sulaymaniyah, mais les parties ne se sont pas encore mises d’accord sur le destinataire des armes.
Le haut responsable de l’Union patriotique du Kurdistan (PUK), Ghiyath Surji, a estimé que Bagdad devrait les recevoir, car les remises auraient lieu sur le sol irakien.
Le PUK y participerait parce que certains sites du PKK se trouvent dans des zones sous son contrôle, a-t-il ajouté.
Le porte-parole du commandement général des forces armées irakiennes, Sabah Noman, avait précédemment confirmé que Bagdad, Erbil et Ankara avaient mis en place un mécanisme conjoint pour sécuriser les zones évacuées par le PKK.
Les forces de la garde-frontière irakienne et les unités peshmergas se déploieraient sur les sites tandis que le MİT vérifierait si les 72 positions avaient été évacuées, a déclaré Noman à Channel 8.
Il a également indiqué que cinq points de remise des armes seraient établis autour d’Erbil et de Sulaymaniyah.
Noman n’a toutefois pas confirmé le chiffre de 4 200 membres ni la liste des 18 sites.
Un autre récit publié mercredi évoquait environ 3 800 membres du PKK dans 18 camps, laissant le total exact incertain.
La Turquie a mis en place quatre sous-comités le 24 août, sous l’égide du Conseil de coordination pour la solidarité nationale et l’intégration, afin de gérer les procédures juridiques, l’intégration sociale, la remise des armes et les vérifications sur le terrain.
Ce conseil a été créé en vertu de la loi sur le renforcement de la solidarité nationale et de l’intégration sociale, entrée en vigueur le 18 août.
Le processus a débuté en octobre 2024 et a progressé après que le leader emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, a appelé le groupe en février 2025 à déposer les armes et à se dissoudre.
Le PKK a annoncé en mai 2025 qu’il se dissoudrait et mettrait fin à sa campagne armée, et un petit groupe a brûlé ses armes lors d’une cérémonie près de Sulaymaniyah en juillet.
Le PKK, désigné comme organisation terroriste par la Turquie et ses alliés occidentaux, combat l’État turc depuis 1984 dans un conflit qui a fait plus de 40 000 morts.




