Un homme ayant brûlé un Coran devant l’ambassade de Turquie au Royaume-Uni gagne son appel
Un Kurdo-Arménien ayant brûlé un Coran devant l’ambassade de Turquie au Royaume-Uni a vu sa condamnation annulée en appel vendredi, une décision saluée par les défenseurs de la liberté d’expression, rapporte l’Agence France-Presse.
Hamit Coşkun, 51 ans, avait été reconnu coupable en juin d’un trouble à l’ordre public à motivation religieuse et condamné à une amende.
Coşkun, né en Turquie, avait enflammé le livre sacré devant le consulat d’Ankara à Londres en février tout en scandant des slogans contre l’islam.
Son cas avait été soutenu par la National Secular Society (NSS) et la Free Speech Union (FSU), qui affirmaient que Coşkun était poursuivi pour blasphème.
La Turquie avait précédemment condamné des manifestations dans des pays occidentaux où le livre sacré musulman avait été vandalisé, dont une série de brûlages de Coran en Suède ayant provoqué des protestations dans le monde islamique en 2023.
Statuant en faveur de Coşkun, le juge Joel Bennathan a déclaré vendredi devant la Cour de Southwark qu’aucune infraction de blasphème n’existait dans le droit britannique.
Bien que « brûler un Coran puisse être un acte que de nombreux musulmans trouvent profondément blessant et offensant », a-t-il dit, le code pénal ne cherche pas à « empêcher que des personnes soient blessées, même gravement ».
« Le droit à la liberté d’expression, s’il est un droit qui vaut la peine d’être défendu, doit inclure le droit d’exprimer des opinions qui offensent, choquent ou perturbent », a-t-il ajouté.
Les lois sur le blasphème ont été abolies en Angleterre et au Pays de Galles en 2008.
« Les dangers de l’islam radical »
Plusieurs pays européens ont connu des manifestations où des activistes, parfois d’extrême droite, endommagent ou détruisent des symboles ou livres religieux en invoquant la liberté d’expression.
Ces protestations ont souvent déclenché des réactions dans les pays musulmans, dont la Turquie.
Après que Salwan Momika, un réfugié irakien basé en Suède, eut brûlé un Coran lors d’une manifestation en 2023, le président turc Recep Tayyip Erdoğan avait dénoncé la décision de Stockholm d’autoriser ce rassemblement tout en bloquant l’adhésion de la Suède à l’OTAN.
Dans une déclaration, Coşkun a affirmé être venu en Angleterre « après avoir été persécuté en Turquie, pour pouvoir parler librement des dangers de l’islam radical ».
« Je suis rassuré de savoir que, malgré des développements inquiétants, je pourrai désormais éduquer le public britannique sur mes convictions », a-t-il ajouté.
La Free Speech Union britannique a salué ce jugement, y voyant un message selon lequel « les manifestations antireligieuses, aussi offensantes soient-elles pour les croyants, doivent être tolérées ».
Coşkun a également reçu le soutien de Robert Jenrick, porte-parole justice du Parti conservateur (opposition) et ancien candidat à sa direction.
Jusqu’en mai, lorsque le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a annoncé l’abandon de la lutte armée, la Turquie était engagée dans un conflit meurtrier de quatre décennies contre les combattants kurdes.
Les Arméniens, quant à eux, cherchent depuis longtemps une reconnaissance internationale de ce qu’ils considèrent comme le génocide de leur peuple par l’Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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