L’hymne préparé par l’AKP pour la Coupe du monde, puis diffusé avec un clip sur les comptes officiels des sélections nationales, n’est pas seulement une chanson de football. Cette production en dit long sur la manière dont le régime d’Erdoğan regarde le monde, l’histoire, la nation et « l’autre ». Une ferveur nationale qui bascule […]
En confessant publiquement son rêve de devenir « gouverneur de Jérusalem », Mustafa Çiftçi ministre de l’Intérieur de la République de Turquie a brisé le vernis de la diplomatie d’Ankara. S. Rumi Ünal décrypte les dangers de cette nostalgie impériale utilisée comme stupéfiant politique. À travers une analogie frappante pour le lecteur français, il démontre que le révisionnisme turc n’est plus une simple posture électorale, mais une menace rampante pour les équilibres régionaux.
Alors qu’Emmanuel Macron tente de réinventer la présence française en Afrique depuis Nairobi, Ankara s’impose comme l’alternative montante du continent. Pourtant, derrière les succès commerciaux et les ventes de drones, la Turquie souffre d’un handicap invisible : le sabordage de ses propres réseaux civils et éducatifs. Rumi S. Ünal décrypte le paradoxe d’une diplomatie turque qui gagne des marchés, mais fragilise son capital le plus précieux : la confiance durable des sociétés africaines.
Derrière la maquette du missile Yıldırımhan, Ankara cherche à afficher une ambition stratégique qui dépasse largement son voisinage régional. La Turquie est aujourd’hui un acteur régional important. Cela ne fait guère de doute. Depuis plusieurs années, elle a réalisé des progrès visibles dans le domaine de l’industrie de défense : drones armés, missiles de courte […]
Depuis plusieurs années, les relations entre l’Europe et la Turquie sont difficiles et instables. D’un côté, la dégradation de l’État de droit, les atteintes aux libertés fondamentales et les graves problèmes démocratiques en Turquie. De l’autre, une réalité stratégique impossible à ignorer : la Turquie demeure un acteur central pour la sécurité, les migrations, l’énergie, […]
La ligne suivie par la France en Méditerranée orientale et dans le domaine de la sécurité européenne peut, à première vue, paraître compréhensible. La Grèce est membre de l’Union européenne, elle est un partenaire naturel de la France, et la coopération de défense entre Paris et Athènes s’est fortement développée ces dernières années. Mais la […]
En boycottant politiquement le Forum d’Antalya, l’Union européenne confirme son virage : la Turquie n’est plus une candidate, mais un risque à contenir. Entre méfiance et pragmatisme froid, Bruxelles délaisse son levier le plus puissant : la force d’attraction démocratique. S. Rumi Ünal décrypte l’impasse d’une Europe qui réduit son grand voisin à un simple garde-frontière, au risque de perdre sa crédibilité et son influence stratégique.
Donald Trump peut-il réellement briser le pacte atlantique ? Si Washington pivote définitivement vers l’Asie, la survie sécuritaire de l’Europe pourrait reposer sur un allié aussi complexe qu’incontournable : la Turquie. S. Rumi Ünal décrypte pourquoi la puissance terrestre turque est l’unique « assurance-vie » crédible face à la menace russe, tout en soulignant le paradoxe majeur d’Ankara : peut-on protéger la démocratie européenne sans l’appliquer chez soi ?
Une inflexion du discours d’Ankara Dans un contexte de tensions croissantes entre l’Iran, les États-Unis et Israël, les prises de position d’Ankara méritent une attention particulière. A travers l’interview accordée le 27 mars 2026 par le ministre des Affaires étrangères turc Hakan Fidan à la chaîne proche du gouvernement A Haber, il est possible d’analyser […]
Alors que les crises au Moyen-Orient replacent Ankara au centre de l’échiquier énergétique et logistique mondial, une question demeure : peut-on être un partenaire stratégique sans être un allié fiable ? De l’apogée du soft power des années 2000 au durcissement sécuritaire post-Gezi, S. Rumi Unal analyse la dérive d’une Turquie devenue incontournable par sa géographie, mais isolée par ses choix politiques. Un diagnostic sans concession sur une relation euro-turque désormais réduite à la simple gestion des intérêts.
Alors que la guerre en Iran approche de son premier mois, il devient de plus en plus évident que le conflit ne restera pas limité à un face-à-face entre Téhéran et l’axe Washington–Tel-Aviv. Les déclarations franches de Donald Trump révèlent d’ailleurs une certaine surprise de la part de l’administration américaine face à la capacité de résistance de l’Iran et à son aptitude à élargir le conflit vers le Golfe.
Entre opportunisme stratégique et crainte d’un embrasement régional, Ankara observe la fragilisation de l’Iran avec un réalisme assumé. Alors que le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan, semble acter la supériorité militaire américano-israélienne, la Turquie se prépare à une reconfiguration profonde des équilibres au Moyen-Orient. Analyse d’une diplomatie qui mise sur la puissance pour ne pas subir le chaos