Des policiers anti-émeutes entrent au siège stambouliote du CHP dans le cadre d’une reprise en main soutenue par la justice
Les points importants
- Intervention policière : Des policiers anti-émeutes sont entrés de force au siège du CHP à Istanbul, à la demande d'une commission nommée par la justice pour remplacer la direction élue du parti.
- Conflit de leadership : Cette action s'inscrit dans une lutte plus large pour le contrôle du CHP, avec un tribunal ayant déjà rétabli l'ancien président du parti, Kemal Kılıçdaroğlu, au niveau national.
- Répression politique : L'événement est perçu comme une nouvelle étape dans la campagne du gouvernement contre l'opposition, le maire d'Istanbul et rival d'Erdoğan, Ekrem İmamoğlu, étant emprisonné depuis mars 2025.
Des policiers anti-émeutes ont pénétré dans le siège provincial stambouliote du principal parti d’opposition turc, le Parti républicain du peuple (CHP), dans la nuit de jeudi.
L’intervention policière a été sollicitée par une commission nommée par un tribunal, qui a remplacé la direction élue du CHP à Istanbul, après que des membres du parti fidèles à cette direction élue eurent accroché une banderole à l’effigie du maire emprisonné d’Istanbul et candidat à la présidentielle du CHP, Ekrem İmamoğlu, sur la façade du siège provincial.
La commission avait auparavant remplacé cette banderole par une image de l’ancien président du CHP, Kemal Kılıçdaroğlu, qu’un autre tribunal avait réintégré à la tête du parti au niveau national en mai, après avoir annulé le congrès de 2023 qui avait élu Özgür Özel.
Soner Özimer, secrétaire du CHP à Istanbul, a déclaré que la commission avait fait appel aux policiers anti-émeutes après que des membres du parti eurent réaccroché la banderole d’İmamoğlu. Les agents sont entrés dans le bâtiment et ont atteint l’étage abritant le bureau du président provincial, tandis que l’accès était restreint pour certains membres du CHP.
Özgür Çelik, le président provincial élu, a accusé les autorités d’utiliser les tribunaux, la police et la bureaucratie pour remodeler la politique et choisir l’adversaire préféré du gouvernement. Il a affirmé qu’environ 1 000 agents avaient été déployés et que des responsables du parti avaient été expulsés du bâtiment. Les autorités n’avaient pas communiqué le nombre de policiers ni répondu à cette allégation vendredi après-midi.
La justice maintient la commission nommée en poste
Quelques heures après l’intervention, le 45e tribunal civil d’Istanbul a statué que Gürsel Tekin et la commission nommée pour remplacer Çelik resteraient en fonction. Le tribunal a reporté l’affaire au 16 octobre en attendant l’évolution des procédures civiles et pénales connexes.
Le procès vise à annuler le congrès provincial du CHP d’octobre 2023 à Istanbul, invoquant une prétendue ingérence dans le vote. Le tribunal avait suspendu Çelik et son comité exécutif en septembre 2025 et nommé la commission de Tekin. La police avait utilisé du gaz lacrymogène en escortant Tekin dans le même bâtiment quelques jours plus tard.
Çelik a par la suite été réélu lors de deux congrès provinciaux, mais le tribunal a refusé de lever la mesure provisoire.
Partie d’une campagne plus large contre le CHP
Le conflit à Istanbul reflète la lutte pour la direction nationale du CHP. Une cour d’appel a annulé le 21 mai le congrès national du parti de 2023 et rétabli Kılıçdaroğlu, ce qui a poussé Özel à qualifier cette décision de « coup d’État judiciaire ». Des policiers anti-émeutes étaient entrés dans le siège du parti à Ankara trois jours plus tard et avaient expulsé l’équipe d’Özel.
Cette bataille pour la direction survient dans le cadre d’une campagne judiciaire plus large contre le CHP. İmamoğlu, le principal rival politique du président Recep Tayyip Erdoğan, est emprisonné depuis mars 2025 et jugé pour 142 chefs d’accusation liés à la corruption.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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