La Turquie émet des mandats d’arrêt contre 1 008 suspects dans le cadre d’une opération nationale contre les gangs
Les points importants
- Opération massive : 1 008 suspects ciblés dans 48 provinces pour démantèlement de réseaux criminels « nouvelle génération ».
- Méthodes modernes : Utilisation des réseaux sociaux et plateformes cryptées pour recruter, orchestrer des assassinats et diffuser des menaces.
- Contexte troublant : Les gangs recrutent des mineurs en profitant des peines réduites, malgré une loi récente durcissant les sanctions pour les 15-17 ans.
Les procureurs turcs ont émis lundi des mandats d’arrêt contre 1 008 personnes lors de raids visant ce que les autorités appellent des « organisations criminelles de nouvelle génération » dans 48 provinces.
Le ministère de l’Intérieur n’a pas précisé combien de suspects avaient été arrêtés au moment de l’annonce.
L’opération a été coordonnée par la direction nationale de la lutte contre la contrebande et la criminalité organisée de la police, ainsi que par des procureurs publics, avec le soutien de l’Organisation nationale de renseignement, de la direction du renseignement policier et du département de la cybercriminalité.
Dans un message publié sur X, le ministère a indiqué que les suspects utilisaient les réseaux sociaux et les plateformes de communication cryptées pour recruter des hommes de main, organiser des assassinats sous contrat et attirer de nouveaux membres.
— T.C. İçişleri Bakanlığı (@TC_icisleri) 14 septembre 2026
Ils sont également accusés d’avoir publié des menaces et des insultes, fait l’éloge de la criminalité et des criminels, diffusé de la propagande de gang et transporté les rivalités entre groupes criminels sur les réseaux sociaux.
Le ministère a déclaré que ces groupes cherchaient à présenter les activités criminelles comme normales et utilisaient les plateformes en ligne pour cibler les jeunes.
Les raids simultanés ont eu lieu à İstanbul, Ankara, İzmir, Antalya, Bursa, Diyarbakır, Gaziantep, Kocaeli, Şanlıurfa et dans 39 autres provinces.
Les autorités turques utilisent le terme « organisations criminelles de nouvelle génération » pour désigner des gangs aux structures lâches qui s’appuient fortement sur les réseaux sociaux, recrutent des membres jeunes et embauchent des individus pour des attaques uniques plutôt que de maintenir une hiérarchie conventionnelle.
Le ministre de l’Intérieur, Mustafa Çiftçi, a déclaré en juin que ces groupes adoptent souvent des noms inspirés de personnages de dessins animés et utilisent les plateformes numériques pour recruter des membres, faire de la publicité pour des crimes et gérer des produits illicites.
Il a ajouté que leurs membres ont tendance à être jeunes, que leurs liens internes sont faibles et que leurs dirigeants recrutent souvent des personnes ayant un casier judiciaire, une éducation limitée ou des liens familiaux fragiles pour commettre des attaques.
Des chiffres publiés par le ministère de l’Intérieur en juin montrent que la police a mené 952 opérations contre 382 groupes criminels organisés entre le 1er janvier et le 31 mai 2026. Au cours de la même période en 2025, les autorités ont mené 836 opérations contre 337 groupes.
L’opération de lundi n’est pas incluse dans ces chiffres.
Ces raids font suite à des préoccupations croissantes concernant l’utilisation des réseaux sociaux par les réseaux criminels pour recruter des mineurs et faire de la publicité pour des services illégaux.
Une enquête récente a révélé que des groupes liés aux gangs Daltonlar, Casperlar et Baygaralar faisaient de la publicité pour des assassinats sous contrat, des armes, des agressions et du trafic de migrants sur des plateformes de messagerie.
Une annonce recherchait une recrue de moins de 18 ans et mentionnait les peines plus légères généralement applicables aux mineurs en vertu du droit turc. Cependant, une loi entrée en vigueur le 18 août permet désormais aux tribunaux de refuser les réductions de peine liées à l’âge pour les accusés âgés de 15 à 17 ans condamnés pour meurtre et certains autres crimes violents.
Les publications examinées dans le cadre de l’enquête fixaient le prix des assassinats sous contrat entre 700 000 et 7 millions de lires, l’équivalent à l’époque d’environ 14 000 à 145 000 dollars.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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