La Turquie remplace les téléphones de ministres après une alerte d’Apple concernant un logiciel espion, selon un rapport
Les points importants
- Alerte d’Apple : Des ministres turcs ont reçu des notifications de logiciel espion sur leurs iPhone.
- Réponse d’Ankara : Les appareils ont été inspectés, remplacés et protégés par la présidence de la cybersécurité.
- Aucune confirmation : Ni l’origine des alertes ni une éventuelle intrusion n’ont été établies.
La Turquie a remplacé les iPhone utilisés par au moins trois ministres après qu’Apple a averti que les appareils avaient peut-être été ciblés par un logiciel espion mercenaire, Middle East Eye a rapporté mardi, citant des personnes proches du dossier.
Le rapport du chef du bureau de MEE en Turquie, Ragıp Soylu, n’identifie ni les ministres ni les sources.
Les ministres ont reçu des notifications dans le cadre d’un envoi groupé qu’Apple a adressé le 13 août à des utilisateurs ciblés dans 110 pays, selon MEE.
L’ampleur et la date de cette campagne d’avertissement ont été confirmées par Apple à TechCrunch.
Ankara estime que les tentatives de compromission des appareils ont échoué parce que les ministres utilisaient des téléphones dotés de mesures de sécurité renforcées et d’applications cryptées, a déclaré un responsable turc anonyme à MEE.
La présidence turque de la cybersécurité (SGB) a inspecté et remplacé les appareils et ajouté des protections après les alertes, selon ce responsable.
Le rapport ne cite aucune analyse forensique confirmant qu’un logiciel espion avait pénétré dans l’un des téléphones.
Ni le gouvernement turc ni Apple n’avaient publiquement confirmé, en date de mercredi, la partie du rapport concernant les ministres.
Selon Apple, ces notifications sont des alertes à haut degré de confiance indiquant qu’une personne a été ciblée et doivent être prises au sérieux.
Toutefois, une alerte ne prouve pas à elle seule qu’une attaque a réussi.
Ni le logiciel espion ni l’opérateur à l’origine des cas turcs signalés n’ont été identifiés.
Apple n’attribue pas ses notifications à des attaquants ou à des pays particuliers.
Selon l’entreprise, les attaques par logiciels espions mercenaires coûtent des millions de dollars et ne ciblent qu’un petit nombre de personnes en raison de leur travail ou de leur rôle public, souvent des journalistes, des militants, des responsables politiques et des diplomates.
Apple émet de telles notifications plusieurs fois par an depuis 2021 et a averti des utilisateurs dans plus de 150 pays.
Des hauts responsables turcs avaient également été confrontés à des attaques présumées impliquant Pegasus en 2021, puis avaient changé de téléphone et de numéro, selon MEE.
Pegasus, développé par le groupe israélien NSO, a exploité des failles du système iMessage d’Apple pour s’introduire dans les téléphones sans aucune action de la part des utilisateurs, mais aucune preuve n’a relié ce produit aux dernières alertes.
La SGB a été créée par décret présidentiel en janvier 2025 pour coordonner la politique nationale de cybersécurité, répondre aux cybermenaces et protéger les infrastructures.
L’agence a reçu en juillet le pouvoir d’ordonner aux entreprises de l’internet et des télécommunications de prendre des mesures d’urgence avant qu’un tribunal ne les examine.




